Extraits De Miroir et d’espoir

Posez votre main sur le miroir

Extrait numéro 1 :

Sébastien s’empressa de rejoindre sa voiture garée sur l’Aile des Ministres Nord. Il ouvrit la portière à Blanche qui fixait cet étrange véhicule avec effroi.

— Où sont les chevaux ?

— Sous le capot, répondit-il en le lui montrant du doigt.

Hélas, sa blague tomba à plat. Blanche refusa de monter dans cet engin diabolique.

— Faites appeler un carrosse !

Extrait numéro 2 :

Sébastien se délestait de ses vêtements lorsqu’il surprit le regard de Blanche posé sur lui. La jeune fille déglutit péniblement en fixant ses jambes et ses bras musclés, son ventre plat et son torse si… si… sexy, oui, sexy, se répéta-t-elle en rougissant de plus belle. Déjà, il passait les habits du marquis en jurant, car vu sa taille, chaque pièce le serrait comme un hareng dans un bocal. Il râla en enfilant les bas et les chausses, mais faillit tomber à la renverse en contemplant l’un des bouts de tissu.

— C’est quoi ce tutu ? questionna-t-il à des lieues de s’imaginer que Blanche bavait sur son corps athlétique.

— Une rhingrave ! Vite, enfilez la chemise et le pourpoint. Voilà, à présent, retirez-lui ses chaussures.

Sébastien compara les pieds minuscules de l’homme avec les siens.

— Euh… à moins de me couper les orteils, je ne vois pas comment j’arriverai à porter ça.

— Prions afin que si nous croisons quelqu’un, il ne regarde pas vos pieds. Notez que puisque votre rhingrave est de travers et vos rubans mal ajustés, il y a peu de chance pour que vous passiez inaperçu ! Laissez-moi arranger cela.

Les mains de Blanche se glissèrent sous sa chemise pour resserrer un nœud. Au contact de sa peau sur la sienne, il faillit perdre l’esprit. Parcouru d’un frisson, il tenta de canaliser ses pulsions. Quel dommage que le moment fût mal choisi pour se jeter sur ses lèvres ! Inconsciente du désir accru qu’elle provoquait, Blanche voulut rétrécir la ceinture à hauteur de ses hanches. Elle se rapprocha, mais il interrompit son geste avant qu’elle ne découvre l’ampleur de l’effet qu’elle produisait sur lui.

— Ça ira, il fait nuit. Personne ne s’occupera de mes fanfreluches, grogna-t-il pour cacher son embarras.

Blanche fronça les sourcils tout en se dressant sur la pointe des pieds pour masser ses épaules.

— Mon Dieu, comme vous êtes tendu ! remarqua-t-elle.

— Vous n’imaginez même pas, comme un arc prêt à décocher, constata Sébastien.

Blanche soupira. Ce voyage à travers le miroir devait avoir fortement perturbé l’esprit de son compagnon. Soudain, la porte du salon de Diane s’ouvrit sur le seul homme qu’elle espérait ne pas revoir de sitôt.

Extrait numéro 3 :

Si à l’époque de Blanche, un homme éprouvait de la fierté à exhiber un superbe étalon pour impressionner sa fiancée, Sébastien en ressentit tout autant en allumant son gigantesque écran plat. Affolée, Blanche se dissimula derrière son hôte.

— Mon Dieu, qui a enfermé ces comédiens dans cette cage maléfique ?

— C’est un téléviseur, un genre de théâtre où les acteurs se trouvent derrière l’écran.

— Derrière l’écran ?

Dubitative, elle se pencha sous le meuble pour au moins apercevoir leurs pieds. Sébastien choisit un documentaire sur les éléphants d’Afrique. Cette fois, Blanche songea qu’elle était victime d’une mauvaise farce.

— Pauvres bêtes ! Comme ils ont dû souffrir pour entrer dans cette petite boîte.

Avec patience, Sébastien lui expliqua le fonctionnement d’un téléviseur ainsi que de la télécommande. Il l’invita à s’asseoir dans le canapé, même à s’y étendre. Sans plus se préoccuper de la présence de Sébastien, elle appuya sur toutes les touches. En quelques minutes, elle avait réussi à dérégler le son et les couleurs. Exaspéré, Sébastien lui précisa qu’elle ne devait plus utiliser que le bouton pour changer les programmes. Elle s’en donna à cœur joie en passant d’une chaîne l’autre.

— Je vous laisse un peu seule, Blanche. Je vous promets de ne pas tarder.

Elle lui adressa un signe distrait de la main. Il allait franchir la porte lorsqu’elle le rappela :

— Oh, Sébastien ! Pouvez-vous me rapporter des préservatifs ?

Stupéfait, il se tourna vers elle pour la dévisager. Impossible, à présent, c’est elle qui se moquait de lui.

— Euh… avez-vous bien compris l’usage de ces… de ces produits ?

— Oui. Ils viennent de l’expliquer : pour vivre heureux, protégez-vous des maladies. Je tiens à préserver ma santé.

Il se dépêcha de sortir avant d’éclater de rire. Hypnotisée par l’écran, elle se rendit à peine compte de son départ.

Source photo : CHRISTIAN DIOR HAUTE COUTURE BY JOHN GALLIANO : CHRISTIAN DIOR HAUTE COUTURE JOHN GALLIANO OSCAR DE RENTA

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